Accéder au contenu principal

Actualité Mars 2026

Un mariage et un cantonnement !

Vous êtes exploitant(e), marié(e) et vos enfants grandissent sereinement. En cas de décès, vous imaginez que votre conjoint profitera des revenus du patrimoine et de la maison à La Grande Motte, tandis que vos enfants reprendront l’exploitation. Mais, sans anticipation particulière, ce ne sera pas si évident que cela.

La faculté de cantonnement offerte par la DDV peut vous apporter une solution...

Pas de panique, votre intuition est en partie juste. En effet, le mariage confère automatiquement au conjoint des droits sur la succession. Ces droits, définis à l’article 757 du Code civil, varient selon la composition de la famille :

  • en présence d’enfants communs, il a le choix entre la totalité des revenus et de l’usage des biens (usufruit) ou ¼ de la succession ;

  • en présence d’enfants non communs, le conjoint recueille un quart de la succession ;

  • ce qui n’est pas récupéré par le conjoint revient aux enfants (la nue-propriété ou les trois quarts de la succession).

On parle de dévolution légale. Alors, le conjoint peut-il profiter des revenus du patrimoine (fermages des terres, loyers des immeubles, intérêts des placements) et jouir de La Grande Motte… ? Oui, mais dans ce cas, il profitera également des revenus issus de l’exploitation.
Et vos enfants peuvent-ils poursuivre l’activité ? Oui, mais le parent survivant, s’il renonce à l’usufruit, conservera alors un quart de l’exploitation et du reste du patrimoine en propriété… faisant ainsi une croix sur la totalité des revenus immobiliers et financiers !

C’est là la limite de la dévolution légale : son option est indivisible ! Une règle « du tout ou rien » qui est souvent en décalage avec les objectifs de transmission.

La DDV : un dispositif simple pour une transmission adaptée et personnalisée

Pour contourner les limites de la dévolution légale, des solutions, plus ou moins complexes et coûteuses, existent : contrat de mariage ad-hoc, organisation juridique du patrimoine, testament... Une solution à la fois simple, raisonnable et révocable consiste pour les époux à réaliser, chacun, une donation au dernier vivant (DDV).
Selon la situation, elles peuvent être personnalisées ou identiques.

Pour la somme de 150 € par DDV, ce dispositif offre au conjoint survivant la possibilité :

  • de cumuler un quart en pleine-propriété et l’usufruit de l’ensemble de la succession ;

  • de faire valoir, avec l’accord du disposant, une faculté de cantonnement.

Ce cantonnement, atout majeur d'une DDV, offre au conjoint survivant un choix « à la carte » par rapport aux biens qu’il souhaite conserver en pleine propriété et/ou en usufruit. Si on reprend notre exemple de départ : le conjoint survivant pourrait percevoir les revenus du patrimoine (fermages et loyers, revenus des placements…), la pleine propriété de la maison au bord de la mer, et « laisser passer » les parts de l’exploitation agricole aux enfants, si ces derniers le souhaitent.

Les autres usages de la DDV

  • En l’absence d’enfants, elle permet d’écarter les parents de la succession au profit du conjoint  (ils conservent néanmoins leur droit de retour légal).
  • En présence d’enfants non-communs, le conjoint survivant peut opter pour l’usufruit de la succession et ainsi conserver son train de vie tout en préservant le patrimoine de chaque parent.

Source : Nicolas Cayzeele, Ingénieur patrimoine, Cerfrance - Gérer Pour Gagner Agriculture n°81

Le podcast Cerfrance

Pour aller plus loin, Cerfrance vous propose un décryptage.

>> Ecouter le podcast